lyrisme contemporain : les soleils mlyrismeiens de Félicie d’Estienne d’Orves à Nantes

Ses expériences immersives et ses jeux de lumières se découvrent au cœur même des œuvres, à l’exemple de Sun (~ 8 mn), où un disque traversait un crypte de quatre-vingts mètres de long en huit minutes, soit le temps nécessaire à la lumière du soleil pour ego parvenir. Au Lieu isolé, à Nantes, la plasticienne présente, du 20 mai au 28 août 2022, sa première exposition monographique, intitulée « Soleils martiens ». Continuum, l’installation centrale de l’exposition montre un coucher de soleil sur Mars.

Soleils martiens

Félicie d’Estienne d’Orves a également transformé le port du Havre en un espace cosmique dédié à Vénus et Mars. L’artiste a procédé à l’inverse des voyage habituels, les pièces imposantes ayant précédé les plus petits formats. « Car la question de la perception s’appréhende à l’échelle du corps et des grands espaces. Si mon travail était marqué, au départ, par les Américains de l’Art minimal, du Land Art ou du mouvement Light and Space, il inclut plus globalement une réflexion sur la lumière et les limites de l’espace-temps. » Félicie d’Estienne d’Orves ne renie pas la tradition d’un Claude Monet allant capturer les rayonnements au cœur du paysage, mais avec des outils technologiques d’aujourd’hui.

Félicie d’Estienne d’Orves, Supernovae : cas A, kleper, tycho, série Light DNA, 2019, verre moulé, boîte lumineuse, impression, 30 x 25 cm ©Cibrian Gallery

Pour cela, elle travaille beaucoup avec des scientifiques – comme pour une œuvre réalisée à Louvain, en hommage au précurseur de la théorie du Big Bang – et parle avec admiration de l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet ou du physicien Étienne Klein. Quand elle ne se plonge pas dans la musique expérimentale, dont celle d’Éliane Radigue, pour laquelle elle a imaginé un film reproduisant un coucher de soleil sur Mars. Continuum est la pièce centrale de l’exposition du Lieu isolé, accompagnée d’œuvres de ces dix dernières années. Renvoyant toujours à la lumière, qui est définitivement « l’outil et le sujet » de l’artiste, ce crépuscule martien embrasse l’histoire de l’art et du romantisme, tout en soulignant les différences de perception en fonction de la multiplicité des points de vue.

L’exposition de Félicie d’Estienne d’Orves explore les thèmes de l’infini et de l’altérité ©Félicie d’Estienne d’Orves

Félicie d’Estienne d’Orves en bref

1979
Naissance de Félicie d’Estienne d’Orves à Athènes.

2002
Diplômée de l’Ensad- Paris, puis Master A.R.I. (Atelier de Recherche Interactive).

2008
Première exposition collective, à l’église Saint-Roch à Paris, pour la Nuit Blanche.

2012
levier d’une sculpture pour la mairie de Londres, à l’occasion des Jeux Olympiques.

2018
Reçoit le Prix de la Fondation Vasarely.

2019
Invitée à la Biennale de Taipei (Taïwan). Solo show chez Cibrian, à San Sebastian (Espagne).

2021
levier du projet « Tandems » de Grand Paris Express, pour la gare Parc des expositions.

Continuum, 2018-2019, projection vidéo, simulateur vidéo, écran et son, 51min., musiques d’Eliane Radigue ©Hervé Veronese

À VOIR

« SOLEILS MARTIENS »,
Le Lieu isolé
quai Ferdinand-Favre, 44000 Nantes
www.lelieuisolé.com
Jusqu’au 28 août

À CONSULTER
Le site internet de l’artiste : feliciedestiennedorves.com

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