Le musée des Arts décoratifs à Paris célèbre l’entrée exceptionnelle de 54 œuvres des Lalanne dans ses collections

La dation Lalanne fait entrer 16 pièces et 38 dessins du défunt couple d’artistes au Musée des Arts Décoratifs (MAD). Les légataires de François-Xavier et Claude Lalanne paient ainsi leurs droits de succession à l’État français.

Des négociations commencées il y a maintenant dix ans aboutissent à l’une des plus importantes dations depuis ces dernières années au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Elle comprend pas moins de 16 sculptures et 38 dessins réalisés par le couple François-Xavier et Claude Lalanne. Afin de célébrer l’annonce de cet événement historique, l’exposition « Histoires naturelles. Dation François-Xavier et Claude Lalanne au Musée des Arts Décoratifs » est organisée dans la nef centrale de l’institution parisienne, au 107 rue Rivoli, du 14 avril au 29 mai.

Une dation hors du commun

Les deux artistes, décédés respectivement en 2008 et 2019, lègue à leurs quatre filles un patrimoine d’environ 100 millions d’euros. Afin de recevoir cet héritage culturel et financier, les légataires des Lalanne doivent s’acquitter d’un montant d’environ 45 millions d’euros à l’État. « Nous avons alors fait l’inventaire, œuvres d’art mais aussi biens mobiliers, de la maison d’Ury à l’appartement du boulevard Raspail, les voitures et jusqu’à la dernière petite cuillère, commente Florent Jeanniard, vice-président de Sotheby’s France. […] Cette dation en paiement des droits de succession est indispensable pour perpétuer la mémoire des Lalanne. Nous avons eu une réponse très positive de l’État, qui avait tout à y gagner, tant les valeurs de ces œuvres pouvaient atteindre des prix nettement supérieurs en ventes publiques. »

François-Xavier Lalanne, Singe avisé, 2010, édition 8/8, bronze patiné, © Les Arts Décoratifs/Photo : Christophe Dellière © Adagp, 2022 *

La nouvelle collection Lalanne

Dans la nef du Musée des Arts Décoratifs, le parcours de cette exposition s’articule autour des 16 œuvres issues de la dation, mêlant pièces uniques et repères historiques de leur carrière. Cette exposition abrite également des créations que la culture populaire a rendues fameuses comme L’homme à la tête de choux de Claude Lalanne, acquit par Serge Gainsbourg en 1969 dont il tirera un titre.

Claude Lalanne, L’homme à la tête de chou, 1968-2005, Bronze, © Les Arts Décoratifs/Photo : Christophe Dellière© Adagp, 2022 *

Sur les œuvres du nouveau corpus, neuf sont dues à François-Xavier Lalanne, parmi lesquelles deux pièces uniques : La Mouche (1966-1967) et l’Hippopotame I (1968-1969), renfermant un lavabo et une baignoire, et dont Christie’s a vendu mardi 12 avril un exemplaire pour plus de 1 million d’euros (collection Jacqueline Matisse). Ces deux pièces illustrent l’esthétique particulière des Lalanne, reconnaissable au premier regard. La dation comprend aussi ses projets autour des Têtes habitables (datant du début des années 1970), dont deux maquettes témoignent d’une réflexion née de la collaboration avec l’architecte Émile Aillaud.

François-Xavier Lalanne, Dessin préparatoire pour le Gorille de sûreté, 1970, encre noire sur papier vélin, © Les Arts Décoratifs, © Adagp, 2022 *

Elle inclut également des dessins d’études pour des sculptures plus emblématiques comme le Gorille de sûreté (1970) ou le Singe avisé (2010). Ce bestiaire animal décalé demeure en parfaite adéquation avec l’identité et l’histoire même des collections du Musée des Arts Décoratifs, basée sur l’idée « du beau dans l’utile ».

L’univers décalé des Lalanne

Les pièces inclassables répondent, comme le reste des productions artistiques des Lalanne, à un univers animalier et végétal aussi riche que décalé. Mis en place depuis une soixantaine années, de 1966 à 2019, cet univers témoigne d’un humour et d’une distance certaine avec le règne animal. Elles mêlent parfois une mâchoire de mammifère gigantesque avec l’utilité d’un meuble bon marché du siècle précédent. Largement appréciés par les acheteurs, la cote de ces deux artistes contemporains explose littéralement depuis quelques années grâce aux diverses ventes réalisées par les filles des artistes disparus.

Claude Lalanne, Banc Ginkgo, 2018, bronze, © Les Arts Décoratifs/Photo : Christophe Dellière © Adagp, 2022 *

 

« Histoires naturelles. Dation François-Xavier et Claude Lalanne au Musée des Arts décoratifs »
Musée des Arts Décoratifs
107 rue Rivoli, 75001 Paris
madparis.fr
du 14 avril au 29 mai

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