Découverts dans une pyramide maya, des hiéroglyphes vieux de plus de 2200 ans surprennent les archéologues

Au Guatemala, des fouilles récentes réalisées par une équipe d’archéologues ont mis au jour de nombreux vestiges sur le site de San Bartolo. Parmi eux, deux fragments de peintures murales représentant une date issue du calendrier sacré maya remettent en cause sa chronologie.

La plus ancienne preuve du calendrier maya jamais enregistrée aurait-elle été découverte ? C’est en tout cas ce qu’avancent des archéologues guatémaltèques mobilisés sur le site archéologique maya de San Bartolo, complexe massif situé au nord-est du pays. Les fouilles ont montré combien l’endroit constituait autrefois un centre culturel important, avant d’être abandonné autour du Ve siècle de notre ère. Mais les vestiges ont surtout livré des fragments de peintures murales. Deux d’entre eux ont révélé, une fois assemblés, des inscriptions en hiéroglyphes qui remettent en cause la chronologie du calendrier maya de 260 jours.

Une chronologie du calendrier réévaluée

Après le tri d’un ensemble de 7 000 fragments de diverses peintures murales mis au jour dans les ruines de la pyramide de Las Pinturas, deux pièces ont retenu l’attention des spécialistes. Sur la première est représenté un animal surmonté d’un trait et d’un point. La peinture symboliserait le « 7 Deer » (en français « 7 Cerf »), l’un des jours du tzolk’in, un des quatre calendriers sacrés maya.

7 Deer: Project members publish a mural fragment that bears earliest datable evidence of the 260-day Maya calendar in Science Advances today! @nehgov @insidenatgeo @mcdguate https://t.co/Hh9KdlmEVp pic.twitter.com/nh4SfBbYQI

— Proyecto Regional Arqueológico San Bartolo-Xultun (@SbxProject) April 13, 2022

Un autre fragment montrant une inscription en hiéroglyphe confirmerait qu’il s’agit bien d’une date. « Les deux pièces s’assemblent et présentent une calligraphie noire, ouvrant sur la date “7 Deer”. Le reste est difficile à lire », a précisé David Stuart, professeur spécialisé en art et en écriture mésoaméricains de l’université du Texas.

De nombreux fragments de peintures murales ont été mis au jour par les archéologues ©️Facebook / Science Advances

D’après une datation au radiocarbone effectuée par l’équipe de recherche, les inscriptions auraient été réalisées entre 300 av. et 200 avant J.-C., soit bien avant les précédentes traces de hiéroglyphes calendaires mis au jour dans le pays, et seraient donc antérieures aux estimations qui dataient les premiers usages du calendrier au Ier siècle av. J.-C. Comme l’explique le rapport scientifique publié dans la revue « Science Advances », cette découverte inédite permet d’identifier « une origine encore plus précoce du calendrier, durant le milieu de la période pré-classique (qui s’étend de 2000 avant J.-C. à 250 après J.-C.), si ce n’est avant, bien que les preuves restent indirectes ». Selon David Stuart, si ces fragments sont la preuve de la plus ancienne notation calendaire connue de la région maya, d’autres vestiges pourraient bousculer à nouveau la chronologie et l’histoire de cette civilisation mésoaméricaine qui fascine toujours autant cinq siècles après son effondrement.

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