À Paris, un incendie ravage une église orthodoxe russe

Ce dimanche, un incendie a ravagé Saint-Séraphin-de-Sarov, une petite église orthodoxe russe située dans le XVe arrondissement de Paris. L’intérieur de l’église est partie en fumée en ce Dimanche des Palmes qui marque l’entrée dans la Semaine sainte.

Triste dimanche de Pâques pour les fidèles de l’église Saint-Séraphin de Sarov de Paris… Bien que les orthodoxes ne fêtent pas la résurrection du Christ ce jour-là en vertu du calendrier julien, ce dimanche emblématique rime habituellement avec un moment de convivialité et de joie. Pas pour ce petit bâtiment en bois caché dans un jardin discret de la rue Lecourbe, endommagé par un incendie dans l’après-midi du 17 avril. Vers 16 heures, les premières flammes ont embrasé l’intérieur de l’église, avant l’arrivée d’une soixantaine de pompiers. La cause de l’incendie serait accidentelle et aucune victime n’est à déplorer. « J’exprime toute ma solidarité aux fidèles de l’église orthodoxe Saint-Séraphin-de-Sarov », a tweeté dans la soirée le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, également chargé des cultes.

Seuls quelques objets sacrés ont survécu

Cachée dans une cour arborée, l’édifice de 250 mètres carrés abrite une collection de peintures et d’icônes religieuses, objets de vénération pour les orthodoxes, dont quatre ont cinq d’entre elles ont été fortement dégradées. Mobiliers, tapis et objets liturgiques sont également partis en fumée. Après l’incendie, de nombreux fidèles sont venus sur les lieux pour déblayer les décombres et tenter de récupérer ce qui peut l’être. Le prêtre de la paroisse Renaud Presty a indiqué que « seuls quelques objets sacrés ont survécu parmi lesquels deux epitaphion dont l’un de Sainte Mère Marie de Paris (Skobtsoff) et l’antimension ». Malgré les dégâts, les murs en béton cachés sous le bois de cèdre rouge, le toit et les coupoles sont restés presque intacts.

Dans l’intérieur dévasté de la petite église, plus d’une centaine d’icônes anciennes et d’œuvres peintes ont été détruites ©️LP / Elodie Soulié

Un havre atypique de la communauté orthodoxe de Paris

Une des particularités de l’édifice est sa structure en bois, qui entoure les murs en bétons. La première chapelle de l’église avait été construite dans les années 1930, « à une époque où la communauté russe du XVe arrondissement était l’une des plus importantes de la capitale », souligne le journal « Le Parisien ». Couronnée par les bulbes emblématiques des églises orthodoxes, elle avait été reconstruite en bois en 1974. Il y a trois ans, l’église de Saint-Séraphin avait lancé un appel au don pour réunir plus de 800 000 euros nécessaires à la sûreté de l’édifice. Les fonds réunis avaient permis de rénover et de mettre aux normes l’intérieur de la structure ainsi que le toit. Mais l’incendie de dimanche a rappelé la fragilité structurelle d’une église faite en bois. D’après les pompiers, elle est désormais inutilisable. L’association cultuelle orthodoxe Saint-Séraphin de Sarov vient cependant de lancer un nouvel appel aux dons pour financer la réhabilitation de l’édifice sinistré.

Malgré les dégâts, l’extérieur de l’église est resté presque intact ©️LP / Elodie Soulié

Bien que l’origine du drame ne soit pour le moment pas connue et que la thèse accidentelle est privilégiée, l’AFP a expliqué que des « fidèles auraient installé des tissus et allumé des bougies en vue de préparer l’office puis seraient sortis de l’édifice ». Les cierges auraient donc été laissés sans surveillance pendant deux heures, avant de s’en prendre aux tissus. Cependant, cette thèse a été réfutée par le recteur de l’église, qui a affirmé que celle-ci n’était pas ouverte en dehors des offices et que « seuls les membres de la paroisse chargés de l’entretien y ont accès ». Les pompiers ont sollicité le Laboratoire de la préfecture de police (LCPP) pour enquêter.

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