Des centaines de tableaux retrouvés dans une poubelle font redécouvrir un artiste oublié du New York des années 1970

En 2017, dans le Connecticut, des œuvres d’art avaient été retrouvées par un mécanicien dans une benne à ordures. Il ne savait pas encore qu’il s’agissait de pièces de Francis Hines, artiste new-yorkais des seventies autrefois très en vue, qui pourraient valoir plusieurs centaines de milliers de dollars.

Tous les déchets ne se valent pas. En témoigne cette centaine d’œuvres retrouvées en 2017 dans une benne à ordures à Watertown, dans le Connecticut. Un entrepreneur qui nettoyait une grange avait appelé le mécanicien automobile Jared Whipple pour inspecter les œuvres, en raison des nombreuses pièces de voiture cachées dans les compositions… Il s’agissait à ce moment-là d’un ensemble d’œuvres d’art non identifiées, qui ont cependant séduit le technicien. En effectuant des recherches, Jared Whipple a appris que ces pièces avaient pour auteur Francis Hines, un artiste important de la scène new-yorkaise des années 1970. Jugées bonnes pour la décharge, les œuvres avaient été mises dans la benne à ordures après sa mort en 2016. Depuis la découverte de 2017, Jared Whipple et l’historien de l’art Peter Hastings Falk font leur possible pour donner de la visibilité à l’œuvre de l’artiste qui était tombée dans l’oubli. Du 5 mai au 11 juin, la galerie Hollis Taggart présentera dans ses locaux de Southport (Connecticut) et à Manhattan deux expositions dédiées à l’artiste oublié.

Une pépite de l’art new-yorkais

« Je l’ai sorti de cette benne et j’en suis tombé amoureux », a récemment déclaré Jared Whipple au média « Associated Press ». Après avoir remarqué le nom de l’artiste au dos des œuvres, il a contacté sa famille et l’ancien galeriste de Hines qui lui a fourni des détails sur sa carrière. Ce dernier l’a présenté à l’historien de l’art Peter Hastings Falk, intrigué par le travail de l’artiste. Fier de ses trouvailles, Jared Whipple s’est investi dans une mission​​​​​, celle de faire reconnaître le travail de Francis Hines et d’entretenir sa mémoire : « Mon but est de faire entrer Hines dans les livres d’histoire » a-t-il souligné. Bien qu’il se soit largement retiré du monde de l’art dans les années 2000 et a fini oublié à sa mort en 2016, Francis Hines a connu un relatif succès il y a 50 ans. Son art, emprunt de dynamisme, d’énergie et de tension, mêle aussi bien des œuvres d’extérieur à grande échelle que des travaux sur toile au style expressionniste abstrait.

Francis Hines, Sans titre, 1987, pastel à la pointe dure sur papier, enveloppements en tissu, 121,9 x 172,7 cm ©️Courtesy Hollis Taggart

Dans les années 1970, il réalise une série d’interventions dans l’espace public qui ont culminé avec l’emballage de nombreux bâtiments emblématiques comme l’arche du Washington Square Park, l’aéroport JFK et le Port Authority Bus Terminal de New York. À ce titre-là, certains ont pu comparer son travail à celui de Christo et Jeanne-Claude. Les œuvres trouvées à Waterton, marquées par leurs couleurs chatoyantes et leurs lignes de force dynamiques, pourraient valoir plusieurs centaines de milliers de dollars, estime Peter Hastings Falk. Vont-elles pour autant faire l’objet de spéculation ? Pour le moment, la priorité est de les montrer au public. « Elles ont failli être perdues à jamais, mais elles ont été ressuscitées et seront présentées au monde entier » a déclaré le galeriste Hollis Taggart. Certaines des pièces ont été exposées au Mattatuck Museum de Waterbury en 2021, mais l’exposition prévue à Southport, intitulée « Unwrapping the Mystery of New York’s Wrapper » présentera une plus large sélection d’œuvres de l’artiste oublié.

Francis Hines, Sans titre, 1984, pastel sur papier, enveloppes en tissu synthétique ©️Courtesy Hollis Taggart

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