Art Paris au Grand Palais Ephémère : succès confirmé en 2022

Même bilan pour Art Paris 2022 que pour l’édition de l’année dernière qui avait pourtant eu lieu en septembre : succès public et commercial grâce à un commissariat pointu des organisateurs. Les grandes galeries françaises (Templon, Obadia, Mennour…) et quelques enseignes européennes sont présentes à l’appel. Beaucoup de ventes à prix moyens. La formule plaît.

Confortablement installé au Grand Palais Éphémère du 7 au 10 avril, Art Paris 2022 va semble-t-il dépasser la fréquentation de l’édition de septembre dernier (72 746 visiteurs). Tous les jours, les allées de la foire d’art moderne et contemporain (plus spacieuses qu’en 2021) ont été remplies de visiteurs, heureux de retrouver des propositions variées, accessibles et parfois à des prix très bas (l’éditeur Bernard Chauveau propose ainsi un très beau coffret de seize gravures des sœurs Chevalme pour 950 euros !).

Des historiques à la pelle

Le nombre d’œuvres historiques est impressionnant puisque, même sur les stands des galeries les plus contemporaines, on peut admirer des toiles et des sculptures d’avant 1950. Une manière de rassurer la clientèle ! Au rang des plus remarquables, sans doute, cette gouache et fusain de Pablo Picasso de 1914 (galerie Traits noirs), cet incroyable petit paysage de Nicolas de Staël (galerie Jeanne Bucher Jaeger) ou ces Miró et Tapies (galerie Mayoral).

Journal, verre, bouteille de Bass, guitare (1914) de Pablo Picasso, stand de la galerie Traits noirs, Art Paris 2022 (©Guy Boyer).

L’actualité dicte souvent la composition des stands des foires tant l’impact des expositions temporaires dans les musées est grand sur un public amateur de retrouvailles avec de grands artistes. Ainsi des toiles de la Portugaise Vieira da Silva annonçant la rétrospective du musée Cantini à Marseille en juin (galerie Fleury) ou celles de Simon Hantaï (galerie Jean Fournier), qui laissent présager les surprises de l’exposition de la Fondation Louis Vuitton en mai.

Absence d’étoiles (1954) de Simon Hantaï, stand de la galerie Jean Fournier, Art Paris 2022 (©Guy Boyer).

Continuant leur mise en avant du travail de Gilles Aillaud (1928-2005), qui n’a toujours pas bénéficié d’une rétrospective parisienne, Hervé Loevenbruck et Alexandra Schillinger proposent des dessins (les quatre sont déjà vendus) et des tableaux de ce représentant de la Nouvelle Figuration. Couleurs froides, impression de surexposition à la lumière, jeu de perspectives, sujets étranges oscillant entre animaux en liberté et en cage. Aux toiles animalières et aux paysages de Gilles Aillaud répondent avec justesse, sur le stand, des œuvres de Jean Dupuy, Dewar et Gicquel et Blaise Drummond.

Intérieur lémures (1969) de Gilles Aillaud, stand de la galerie Loevenbruck, Art Paris 2022 (©Guy Boyer).

De nombreux one-man shows

Plusieurs galeries se sont lancées dans l’exercice périlleux du one man show. La galerie Sabine Vazieux, par exemple, reprend les grandes toiles expressionnistes de l’artiste chinois Rao Fu qu’elle avait montrées cet hiver. Catherine Issert consacre tout son stand aux toiles récentes de Jean-Charles Blais tandis que Le Feuvre & Roze habille son espace de palmes et végétaux de Julien Colombier.

Blue Red Blink (2022) de Julien Colombier, stand de la galerie Le Feuvre & Roze, Art Paris 2022 (©Guy Boyer).

Des coups de cœur

Impossible, cette année encore, de lister tous les coups de cœur tant les galeries ont fait des efforts pour surprendre les visiteurs. Pourtant, il faut noter un duo inédit sur le stand de la galerie Claude Bernard : aux sculptures textiles de Sheila Hicks (née en 1934) répondent les aquarelles discrètes du Suisse Julius Bissier (1893-1965). Cette rencontre s’est révélée pleine de sens car, lorsque le marchand a annoncé son intention à la créatrice américaine, celle-ci lui a expliqué que la première œuvre qu’elle avait achetée dans sa vie était une aquarelle de Bissier. Incroyable !

Sculptures textiles de Sheila Hicks et Tamaro (1961) de Julius Bissier, stand de la galerie Claude Bernard, Art Paris 2022 (©Guy Boyer).

Parmi les plus jeunes artistes qui ont été des coups de cœur du public, il faut évoquer le mur d’autoportraits d’Edi Dubien (galerie Alain Gutharc). Cet artiste (né en 1963) expose ici des visages et des corps d’adolescents accompagnés d’animaux. Il pose la question de la construction de sa propre identité (né fille, il est devenu garçon assez tardivement) et de la liberté d’être soi-même. Soixante dessins (de 1000 à 5000 euros) ont été vendus pendant la foire ! Même succès pour les compositions de Odonchimeg Davaadorj (galerie Backslash), qui va avoir une rétrospective dans l’orangerie du château de Chamarande cet été. Une foire qui révèle des surprises et touche le grand public !

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