découverte à Alexandrie de vestiges de plus de 2300 ans qui témoignent de l’effervescence de la ville antique

Des archéologues d’une mission de fouilles égyptienne ont mis au jour à Alexandrie les restes d’une banlieue résidentielle et commerciale. Celle-ci daterait au moins du IIe siècle avant notre ère.

Après neuf mois de fouilles dans la zone de Chatby, près d’Alexandrie, les archéologues d’une mission égyptienne dirigée par Ibrahim Mustafa ont révélé le fruit de leurs recherches. Ils ont notamment mis au jour une zone résidentielle et commerciale des époques grecque et romaine, qui éclaire les différentes activités ayant eu cours à l’extérieur des limites de cette ancienne capitale égyptienne. Il s’y trouvait notamment des lieux de repos pour les voyageurs et les visiteurs en attente de leur permis d’entrer dans la ville, ainsi que des lieux permettant d’évaluer les taxes sur les biens importés dans la ville depuis l’Est. Ces faubourgs auraient été en usage du IIe siècle av. J.-C. jusqu’au IVe siècle apr. J.-C.

Des signes d’une population dense

Les vestiges découverts dans cette zone semblent indiquer une forte densité de population. Les scientifiques ont notamment découvert un nombre important de puits d’eau, ainsi qu’un immense réseau de citernes-tunnels couvertes d’une couche de mortier permettant de stocker l’eau des puits, de la pluie et des sols, pour les utiliser durant les saisons sèches. Plus de quarante puits et citernes ont été comptés dans la région. Les chercheurs ont également exhumé un grand nombre de poteries, de lampes, et de statues.

Les scientifiques ont mis au jour un nombre important de puits d’eau, ainsi qu’un immense réseau de citernes-tunnels. ©Ministère égyptien du tourisme et des antiquités/Facebook

Des ateliers et boutiques d’objets votifs

Le directeur général des Antiquités d’Alexandrie, Khaled Abu Al-Hamad, a également expliqué qu’au sein de ces faubourgs se trouvait un marché doté d’ateliers et de boutiques dédiés à la vente d’objets votifs et de statues de divinités, de héros légendaires, d’empereurs et de célébrités. Des moules destinés à la fabrication de ces statues et un buste d’albâtre ont également été retrouvés, ainsi que d’autres types d’objets : de nombreux restes d’amphores, d’amulettes, d’objets métalliques, des plats, des ustensiles, presque 700 pièces de monnaie, et d’importantes quantités d’outils en lien avec une activité industrielle (poids de métiers à tisser, filets de pêche…).

Au sein de ces faubourgs se trouvait un marché doté d’ateliers et de boutiques dédiés à la vente d’objets votifs, de statues de déités etc. ©Ministère égyptien du tourisme et des antiquités/Facebook

Témoignages des rapports commerciaux avec Alexandrie

D’après la tête de la mission de fouilles Ibrahim Mustafa, ces découvertes sont à mettre en lien avec un mouvement d’envois de marchandise en direction de la ville d’Alexandrie et avec ses activités de pêche et de manufacture. La plupart des artefacts trouvés dans l’atelier de fabrication de statues représentaient effectivement des déités liées à la chasse ou à la pêche, et on sait que les statues de héros et d’Alexandre le Grand également mises au jour dans ces faubourgs étaient considérées par les guerriers comme des amulettes protectrices.

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