Les ados empêchés de jouer plus de deux heures par jour à un jeu vidéo populaire – NOUVELLES RECENTES

«J’ai envie de pleurer.» C’est les vacances d’été, mais Zhang Yuchen, 14 ans, doit trouver un autre passe-temps que son jeu vidéo favori. Le géant Tencent, leadeur du
marché chinois, a en effet imposé une nouvelle restriction sur son titre phare, l’ultrapopulaire Honor of Kings, un hit en
Chine avec plus de 100 millions d’utilisateurs actifs quotidiens.

Les moins de 18 ans ne peuvent désormais y jouer que deux heures par jour maximum pendant les vacances et une heure en période scolaire. Au-delà, le jeu se verrouille. Et les ados chinois ont du souci à se faire : l’entreprise a annoncé mercredi qu’elle compte étendre les nouvelles règles… à l’ensemble de son catalogue de jeux.

Certains enfants peuvent passer leurs journées scotchés à leur écran. Un phénomène décrié depuis longtemps en Chine pour ses conséquences négatives: baisse de la vision, impact sur les résultats scolaires, manque d’activité physique ou risque d’addiction.

Un secteur sous pression

La réglementation interdisait déjà aux mineurs de jouer en ligne entre 22h et 8h. Mais début août, un article d’un quotidien officiel économique, qui épinglait notamment Tencent, a estimé que les jeux vidéo étaient devenus «un opium mental». Le secteur s’est mis à craindre un nouveau tour de vis.

Les investisseurs boursiers se sont délestés des actions des géants du secteur (Tencent, NetEase, Bilibili…), faisant plonger les cours. Sous pression, Tencent, qui imposait déjà des limitations de temps de jeu et la reconnaissance faciale pour empêcher les moins de 18 ans de jouer la nuit, a encore durci les règles.

«Les investisseurs ont réagi de façon excessive»

La réaction affolée des marchés à l’article de la presse officielle était-elle justifiée ? «Les investisseurs boursiers ont réagi de façon excessive et ça a emballé la machine médiatique», estime Ether Yin, analyste du cabinet Trivium China. «Ça fait depuis 2018 que le gouvernement veut empêcher les enfants de devenir accros aux jeux», note-t-il, soulignant que cette tendance n’est pas vraiment nouvelle. Selon lui, d’autres entreprises de jeux vidéo devraient également publier leurs propres restrictions dans les semaines à venir.

Pour beaucoup de jeunes, ça va trop loin. «Je suis en vacances. Je n’ai rien à faire d’autre et je n’ai le droit de jouer qu’un tout petit moment», peste Li, 17 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom complet. La jeune fille juge la mesure «affligeante», estimant que les adolescents de son âge, presque majeurs et donc davantage responsables, peuvent limiter d’eux-mêmes leur temps de jeu.

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