les églises médiévales de Lalibela en Éthiopie sont aux mains des rebelles

Depuis neuf mois, un conflit armé civil a lieu dans la région du Tigré, en Éthiopie. Ce vendredi, les rebelles se sont emparés du site de Lalibela, célèbre pour ses églises taillées directement dans la roche, et classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Depuis le mois de novembre 2020, la guerre du Tigré sévit en Éthiopie ; elle oppose le gouvernement fédéral éthiopien et le gouvernement régional du Tigré. Issu de la rébellion du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), ce conflit a fait plus de 800 victimes civiles à ce jour. Ce jeudi 5 août, les rebelles du FLPT ont pris le contrôle de Lalibela, site classé au patrimoine mondial de l’Unesco et sacré pour des millions de chrétiens orthodoxes. Il est célèbre pour ses églises taillées dans le roc.

Un site sacré vieux de plusieurs siècles

Ce site compte 11 églises monolithiques creusées dans la pierre, datées des XIIe et XIIIe siècles. D’après l’Unesco, leur construction est attribuée au roi Lalibela, qui s’est attaché à cette époque à construire une « Nouvelle Jérusalem » après que les conquêtes musulmanes ont interrompu les pèlerinages chrétiens en Terre sainte. Lalibela aurait alors prospéré après le déclin de l’empire d’Aksoum (Ier siècle – Xe siècle). S’exprimant auprès de la BBC, le maire de la ville Mandefro Tadesse s’est inquiété pour la sécurité de ces constructions historiques : « C’est notre patrimoine mondial et nous devons coopérer pour garantir que ces trésors soient préservés ». Depuis le début de l’année, des experts internationaux alertent sur la mise en place par les rebelles d’un « nettoyage culturel » dans le cadre du conflit.

L’église de Saint Georges, à Lalibela, en Éthiopie. © Alastair Rae on Flickr

Une prise de contrôle sans résistance

Cette guerre a débuté lorsque le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a envoyé des troupes pour renverser le FLPT, qui avait longtemps dominé la politique nationale avant son arrivée au pouvoir en 2018, et fait désormais acte de rébellion. C’est dans ce contexte que les rebelles ont pris la ville de Lalibela. Un de ses habitants a déclaré à l’AFP que cette prise s’était faite sans résistance de leur part : « Ils sont arrivés dans l’après-midi et il n’y a pas eu de combats. Il n’y avait pas de forces de sécurité dans les environs. Les forces du FLPT sont dans la ville maintenant ». Les rebelles possèdent néanmoins une réelle force d’action, puisqu’en juin ils avaient déjà pris la capitale du Tigré, Makalé, face à l’armée éthiopienne.

Derniers articles

Articles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici