«On n’est plus égaux entre citoyens dans ce pays» – Libération – NOUVELLES RECENTES

A Paris, la principale mobilisation contre le pass sanitaire se faisait samedi midi à l’appel d’un collectif de gilets jaunes. Des manifestants qui mettent majoritairement l’accent sur leur opposition à l’obligation vaccinale, et non au vaccin.

«Macron, ton pass, on n’en veut pas», crie le cortège parisien des anti-pass sanitaire parti samedi midi de la station Pont de Neuilly (Hauts-de-Seine). Un rassemblement qui a démarré sous une pluie battante, avant de se mettre en branle vers le centre de Paris. Quatre mobilisations en tout avaient lieu dans la capitale, trois (dont celle-ci) à l’initiative de collectifs de gilets jaunes, et une autre menée par Florian Philippot, le président du mouvement Les Patriotes. Aux manifestants présents dans le cortège parisien, Libération a posé une même question : «Pour quelles raisons êtes-vous venu ici aujourd’hui ?» Voici leurs réponses.

Manuel, 25 ans, coordinateur de projets de solidarité à Bordeaux : «Je suis contre la mise en place d’une société de surveillance»

«Je suis venu manifester pour la première fois, et contre le pass sanitaire uniquement. Je ne suis pas nécessairement contre la vaccination en général, ni contre la vaccination contre le Covid. Je suis contre la mise en place d’une société de surveillance. Pour moi, le pass sanitaire, il n’a pas d’impact sanitaire. Il n’a qu’un impact social. On a vu des clusters dans des endroits qui exigeaient le pass sanitaire. Il me semble qu’on a aussi une crise de la représentativité. Je ne vois pas le citoyen entrer en compte dans les prises de décision.»

Pierre, 59 ans, graphiste à Paris : «On prend le chemin d’un régime dictatorial»

«Ce qui m’a fait venir ici, c’est la violation des libertés. Les neuf Sages du Conseil constitutionnel se sont assis sur la Constitution jeudi. Je suis ici pour préserver la liberté de chacun de choisir. J’ai un enfant pompier de Paris qui va devoir faire le vaccin. Une fille qui fait des études, on va l’obliger à le faire. Ils préféreraient attendre, mais ils subissent une obligation déguisée qui est scandaleuse. J’ai participé à l’époque aux manifestations des gilets jaunes. Là, c’est une continuité. On prend le chemin d’un régime dictatorial. On n’est pas encore en Corée du Nord, mais c’est une dictature douce, une démocrature. On force les gens, on essaie de leur faire peur. Et la police, la gendarmerie, qui n’a pas d’obligation de pass sanitaire ? Pourquoi ? Parce que le virus n’est pas dangereux pour eux ou parce que Macron veut conserver sa garde rapprochée ?»

Didier, 70 ans, retraité à Paris : «Ma présence s’inscrit dans une contestation assez profonde contre la destruction de la Nation»

«Pourquoi je suis venu ? Simplement pour la défense des libertés fondamentales. L’article 2 de la Constitution fait de nous des citoyens libres et égaux en droit. Et donc en nous enlevant des droits, on n’est plus égaux. Le Conseil constitutionnel a pris une mauvaise décision, une décision politique qui va se retourner contre le gouvernement un jour ou l’autre. On n’est plus égaux entre citoyens dans ce pays. C’est pas contre le vaccin. S’il y a des gens qui veulent se faire vacciner, qu’ils le fassent. Personnellement, je suis contre. Mais ce n’est pas contre ça que je manifeste, c’est contre le fait qu’on nous oblige de manière déguisée à le faire. Ce qui est tout à fait dangereux, parce qu’on n’a pas de recul sur ces vaccins. Je manifeste contre tout ce que représente la macronie. Ma présence s’inscrit dans une contestation assez profonde depuis vingt ou trente ans, contre la destruction de la nation, donc une contestation de l’Union européenne et de la mondialisation.»

Nour, 37 ans, professionnelle de santé à Paris : «Je suis contre l’obligation vaccinale, pas contre le vaccin»

«C’est ma deuxième manifestation seulement, après celle de samedi dernier. Je suis contre l’obligation vaccinale, pas contre le vaccin. Je trouve que c’est liberticide, que le gouvernement essaye de nous contrôler et que ce n’est pas normal. C’est notre devoir de citoyen et celui de notre génération de se battre contre ça. Je fais beaucoup de recherches sur ce qu’il se passe et je trouve que le gouvernement n’est pas transparent.»

Odile, 65 ans, assistante familiale à Metz : «Peu à peu, on nous retire nos libertés»

«J’ai toujours pensé que notre pays était un pays libre où l’on pouvait faire ce que l’on voulait avec son corps. Et il se passe que, peu à peu, on nous retire nos libertés. Maintenant, ils nous demandent un laissez-passer comme pendant la guerre, pour aller au restaurant, à l’hôpital. On peut être contrôlé par des gendarmes ou des policiers qui n’ont, eux, pas l’obligation d’être vaccinés. C’est deux poids, deux mesures. A l’Assemblée nationale, c’est pareil : un député demande à appliquer le pass sanitaire dans l’hémicycle pour faire comme les citoyens, et ils ont voté contre. Alors, la liberté, elle est où ?»

Côme, 19 ans, étudiant en classe prépa au lycée Henri-IV à Paris : «Le pass sanitaire est une politique de santé publique qui n’a pas de sens»

«Moi, je suis venu parce que le pass sanitaire est une politique de santé publique qui n’a pas de sens. C’est une logique de chantage qui me révolte. Pour moi, c’est une façon pour le gouvernement de faire oublier son échec dans la stratégie de ciblage vaccinal pendant l’hiver. Alors maintenant, on essaye de faire un bouclier géant avec une vaccination massive. Or, ceux qui vont se précipiter dans les centres de vaccination, ce sont les plus jeunes. et on peut se poser des questions par rapport au bénéfice-risque du vaccin pour eux. Je viens aussi pour reprendre un contrôle citoyen. Parce que tout ça se décide sans aucun contrôle, avec une Assemblée qui ne fonctionne que comme une chambre d’enregistrement.»

Corinne, 58 ans, institutrice en banlieue parisienne : «Je veux juste qu’on ait le choix»

«Je suis venue ici parce que je suis anti-pass. Contre la vaccination forcée, et particulièrement pour les jeunes. Je n’ai rien contre la vaccination. Les manifestants ici, ne sont pas anti-vax. Mais certains refusent ce vaccin. Je voudrais qu’on fasse cette nuance. Moi, j’ai fait mes rappels, je me vaccine contre la grippe. Je veux juste qu’on ait le choix. Et qu’on ne force pas nos jeunes à partir de 12 ans. Ça, c’est vraiment intolérable, la goutte qui fait déborder le vase. Celle qui fera que je serai de toutes les manifestations.»

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